SUPPRESSION COMPLETE DES CORTICOÏDES : POSSIBLE ET EFFICACE
DANS LA TRANSPLANTATION RÉNALE PÉDIATRIQUE
Minnie M Sarwal, MD, MRCP, DCH, PhD
Service de Pédiatrie, Université Stanford, Stanford, CA,
Etats-Unis
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HISTORIQUE : Les corticostéroïdes
constituent la pierre angulaire de l’immuno-suppression
en transplantation depuis plus de quarante ans et provoquent de nombreux effets
secondaires, notamment un ralentissement important de la croissance. Nous avons
émis l’hypothèse qu’une induction prolongée avec un anticorps monoclonal
humanisé anti-CD25 (daclizumab) pouvait permettre une
prise de greffe optimale chez les enfants receveurs d’une allogreffe rénale,
tout en évitant complètement les corticoïdes.
MÉTHODES : Trente-quatre receveurs
pédiatriques d'une greffe rénale ont été inclus dans ce protocole exempt de
corticoïdes. Une induction prolongée originale par le daclizumab
a été réalisée jusqu’au sixième mois suivant la transplantation. Le traitement
d’entretien proposé était constitué de tacrolimus et
de mycophénolate de mofétil
(MMF). Les biopsies prévues dans le protocole ont été réalisées à 0, 3, 6 et 12
mois, puis une fois par an par la suite. Les témoins historiques étaient
représentés par 60 patients appariés ayant reçu des corticoïdes.
RÉSULTATS : Le suivi moyen
a été de 13 mois. La survie des greffons était de 100 %. Un rejet clinique
aigu confirmé par biopsie a été rapporté à 1 an dans 5,9 % des cas du
groupe sans corticoïdes contre 15 % chez les patients ayant reçu des corticoïdes
(p = 0,04). Deux rejets aigus sub-cliniques (grade 1a de la
classification de Banff) ont été observés à la biopsie et se sont résolus sans
recours aux corticoïdes. Les receveurs sans corticothérapie avaient une
meilleure fonction du greffon à 6 mois (p = 0.006) et à 1 an
(p = 0.02) ; une croissance améliorée chez tous les enfants âgés
de 1 à 15 ans, le bénéfice maximal se trouvant dans le groupe d’âge < 5
ans (p = 0.008) ; moins d'hypertension (p < 0.0001)
et d'hyperlipidémie (p < 0.001) ; une absence de défigurement
corporel (p < 0.0001), mais une suppression médullaire plus
importante (p < 0.001). Il n’y a pas eu de différence dans le
nombre d'infections ou d’hospitalisations chez les patients ne recevant pas de
corticoïdes.
CONCLUSIONS : La transplantation
rénale pédiatrique sans corticoïdes offre des avantages significatifs en terme
d’incidence de rejet aigu, de fonction du greffon, de pression artérielle, de
lipidémie et d’apparence corporelle. La croissance est significativement
améliorée, avec un rattrapage du retard de la croissance chez tous les enfants
de moins de 15 ans ne recevant pas de corticoïdes. Une immuno-suppression
sans aucun corticoïde semble éviter l’augmentation du risque de rejet aigu qui
a été observée avec l'arrêt des corticoïdes ou la conversion à une
administration alternée d'un jour sur deux.