CONCEPTION ET SYNTHESE DE NOUVEAUX PROMEDICAMENTS DESTINES AU TRAITEMENT DE LA CYSTINOSE

 D. Cairns, W. A. Cardwell, R. J. Anderson

Institut de pharmacie et de chimie, Université de Sunderland, Sunderland, Royaume-Uni

 

La cystinose néphropathique est une affection rare, à transmission autosomique récessive caractérisée par une élévation des taux intracellulaires de la cystine, un acide aminé essentiel. Des cristaux de cystine sont présents dans les lysosomes, la moelle osseuse, les leucocytes, la cornée et la conjonctive. La maladie se manifeste par un retard de croissance, un syndrome de Fanconi (anomalie de la fonction tubulaire proximale) ainsi qu’une atteinte d’autres tissus et organes (thyroïde, pancréas et système nerveux central). Le seul traitement disponible consiste en l’administration de cystéamine (également nommé betamercaptoethylamine, Cystagon™), aminothiol qui agit en diminuant le taux intracellulaire de cystine en formant un composé disulfure mixte de cystéamine et de cystéine capable de sortir du lysosome par la voie de transport de la lysine.

Cependant, la cystéamine contient du sulfure d’hydrogène à l’origine d’une odeur caractéristique.

Dans notre laboratoire, nous avons récemment concentré nos travaux sur la conception et la synthèse de pro-drogues dérivées de la cystéamine. Les pro-drogues sont des molécules pharmacologiquement inactives, qui sont activées métaboliquement in vivo afin de produire le médicament actif. Par rapport au traitement classique, cette stratégie possède l’avantage de permettre la libération de la cystéamine au niveau intracellulaire, évitant ainsi les effets secondaires gastro-intestinaux et minimisant les problèmes d’odeur.

Nous avons préparé un certain nombre de pro-drogues de la cystéamine et avons démontré leur absence de toxicité dans les cultures cellulaires. Nous allons à présent évaluer leur capacité à réduire les taux de cystine dans des lignées de cellules cystinotiques.

Nous espérons que ces travaux conduiront à un traitement oral de la cystinose qui soit dénué d’odeur et de goût. Nous devons cependant souligner que ces travaux n’en sont qu’à leurs débuts et qu’une nouvelle thérapeutique orale de la cystinose ne verra pas le jour avant plusieurs années.