PASSAGE DE L’ENFANT A L’ADULTE DANS LES
MALADIES RENALES GENETIQUES
Jean-Pierre Grünfeld, Hôpital Necker, Université René Descartes,
Paris, France
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Une approche
intégrée coordonnée de la prise en charge, de l’enfant à l’adulte atteint d’une
maladie rénale génétique, est une nécessité pour les malades et leurs familles,
pour les néphrologues et leur formation, et pour la recherche. En effet le
passage de la pédiatrie à la médecine d’adulte représente une période critique,
surtout lorsqu’il s’effectue de façon non programmée ou dans l’urgence d’une
complication. La situation est optimale quand néphropédiatres
et néphrologues travaillent dans le même hôpital ou à proximité, se rencontrent
régulièrement, ce qui facilite le transfert des informations. L’attitude du
patient et son interaction avec la famille et l’équipe soignante vont changer
de l’enfance à l’âge adulte. Le néphrologue doit le savoir et se préparer à
répondre à de nouvelles questions ou à les solliciter. Cette transition
concerne la cystinose, après transplantation rénale
dans le passé, au cours du traitement par la cystéamine
aujourd’hui et demain, mais également le syndrome d’Alport,
la polykystose rénale récessive etc...
La coopération entre néphrologues et néphropédiatres
s’effectue, au bénéfice des familles, pour les enfants atteints de deuxième
génération, dans les maladies dominantes ou liées à l’X. Cette approche
intégrée est aussi une nécessité pour la formation des néphrologues qui doivent
connaître les maladies rénales génétiques qui se révèlent dans l’enfance. En
effet, nous avons appris que certaines de ces maladies peuvent parfois ne se
manifester que tardivement dans la vie, à l’âge adulte. Dans d’autres cas,
grâce aux progrès de la pédiatrie, des maladies rénales génétiques évoluent
lentement et les enfants atteints deviennent des adultes. Parfois certaines
maladies métaboliques rares (comme la glycogénose de type I) ne comportent pas
d’atteinte rénale évolutive chez l’enfant mais celle-ci se révèle bien plus
tard à l’âge adulte. Le néphrologue doit être averti de ces possibilités ;
les maladies génétiques concernent les patients et leurs familles ; tout
néphrologue doit être préparé à être confronté à ces maladies et à répondre aux
questions des familles. Enfin, il va de soi que la recherche sur les maladies
génétiques bénéficie grandement d’une approche intégrée et d’une coopération
étroite entre généticiens, néphropédiatres et
néphrologues.