CONSULTATION
ET SUIVI INFIRMIER
Odile
Chen, Georgette Bohron
Caprice
Infirmières
en néphrologie pédiatrique,
Service du Professeur P. Niaudet,
Hôpital Necker-Enfants Malades, France
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Depuis 2 ans que
la consultation infirmière a commencé, nous nous sommes vite aperçues que les
patients pré ados, adolescents et jeunes adultes atteints de cystinose (transplanté « tr, » ou non) étaient à
risque de non observance.
Non observance pour les prises quotidiennes de Cystagon™ et de la mise de collyre de cystéamine.
Pour certains le refus de poursuivre est total, bien que
connaissant certain risque (cécité)
L’abandon est décidé souvent après avoir entendu des réflexions
au sujet de leur mauvaise haleine.
« J’ai arrêté le jour où la meilleure de mes camarades m’a dit
que je puais de la bouche ».
Pour d’autres adolescents l’abandon est progressif et non dit.
Pour l’un d’entre eux : c’est le plombier
qui a découvert des amas de gélules empêchant la chasse d’eau de fonctionner !!!.
Pour une autre les parents ont trouvé de la poudre suspecte autour de la
poubelle : l’enfant vidait les gélules avant de les avaler !
Depuis longtemps,
lors des consultations les médecins leur conseillaient d’utiliser
des spray bucco pharyngés, des chewing-gums ou des pastilles mentholées, essayés par
quelques uns mais reconnus sans grande efficacité.
L’Oropur™ gélules à base de persil conseillé aux grands
fumeurs et aux personnes souffrants de mauvaise haleine est rarement acheté. Le
coût mensuel étant d’environ 38 euros et non remboursé par la sécurité sociale.
Le projet d’en
faire l’essai dans le service était ancien mais n’avait pu se réaliser faute de
structure et de moyens. C’est donc grâce à une aide financière extérieure que
nous avons pu commencer le test en janvier 2002.
Avec les médecins
de consultation nous avons rédigé : un questionnaire de satisfaction
s’étalant sur quatre semaines, une liste de patients potentiels établie :
comprenant des patients âgés de 6 à 20 ans.
10 TR 3 non TR (14 ans 15 ans et 6 ans et demi).
5 boites d’Oropur™ sont données à chacun pour une durée de un mois. Il
leur est conseillé à tous de prendre 2 gélules à chaque prise de Cystagon™. Le questionnaire rempli chaque semaine nous est rendu lors d’une consultation ou
posté (Sachant que les médecins et nous étions disponibles pour répondre à
leurs questions, leurs attentes).
En parallèle la
surveillance des taux de cystéamine intra
leucocytaire est faite en consultation
Huit
questionnaires sur treize donnés sont revenus. Aucun des patients n’avait pris
de l’Oropur™ avant cet essai.
Un seul a parlé
de contrainte supplémentaire.
L’enfant de 6,5
ans n’a pas pu suivre le test trop de comprimés à prendre, (plus de trente
gélules et comprimés par jour).A noter que les patients transplantés ont un
traitement moins lourd en comparaison des non transplantés.
Les horaires de
prises de Cystagon™ sont à peu près identiques pour
tous, la dose : 50 mg /kg / J, 6h 12h 18h 23h.
Certains d’eux
mêmes ont réduit leurs prises et sont passés à trois fois jour, 8h, 12h, 20h
Un autre a
choisit : 7h, 20h, 2h du matin (horaire qui paraît étonnant dans sa
régularité !)
L’Oropur™ est pris aux mêmes heures que le Cystagon™ (effet meilleur) certains n’en prennent pas le
soir pour « économiser ».
1.
Légère pour
6 patients
1.
« géniale »
pour un.
1.
Aucune
amélioration pour un.
1.
Amélioration de l’haleine lorsque le duo OROPUR
CYSTAGON est pris en mangeant Mieux que tous les autres produits.
1.
Variable »pas
de remarque »
1.
Pas
d’amélioration
1.
Bonne
impression
2ème semaine
HALEINE
1. Amélioration nette.
2.
Pour 4 d’entre eux l’amélioration est ressentie à
ce moment là.
1. « Moins de
goût au fond de la gorge »
1.
Amélioration notée pour plusieurs.
3ième semaine
1. Amélioration nette.
1.
« Pas de goût particulier lorsque les
comprimés sont pris en mangeant.
1.
Odeur de Cystagon™ atténuée
2.
Meilleure
haleine
3.
Nette
amélioration
4.
Amélioration
constatée au bout de 3 semaines
4ième semaine
1.
Amélioration
1.
De temps en temps goût dans la bouche
1.
Meilleure
haleine
2.
Nette
amélioration
1.
6 sur 8
réponses
2.
Pour cinq
patients : « au contraire ça aide »
3.
Pour un
patient : oui
Pour nous cet essai a été un vrai succès, il a incité les patients
à bien prendre leur traitement même ceux non inclus. Il nous a permis
de revoir certains d’entre eux et parfois leurs parents. Certains se
sont engagés à faire le test avec enthousiasme, d’autres ont posés de
nombreuses questions :
Combien allons nous être ?
Une quinzaine répondions nous. Ce qui devait leur rappeler
qu’ils n’étaient pas seul atteints de cette maladie
Ce qu’ils
ressentent tous est à peu près identique. Ce qui les différencient : le
soutien familial, l’aide dans la scolarité et dans l’acquisition d’un métier.
L’affirmation de soi est nécessaire pour le bon suivi du traitement ; il
n’est pas toujours évident pour les parents de les guider vers l’autonomie.
Pour certains de ceux-ci : »il est assez grand, il doit gérer seul
son traitement ».
Lorsque la
demande est faite trop tôt l’adolescent aura du mal à respecter les heures de
prises. Il finira par « tricher » et prendra irrégulièrement son
traitement, par lassitude voire déprime ?
Un des patients
(hors étude) de trente ans dit : « c'est ma femme qui me prépare mon traitement pour la semaine,
j'avale tous les comprimés et ne peux te dire
avec exactitude la posologie de chacun » ! ! ! A rappeler
que sa mère faisait déjà la même chose avant sa femme.
Il arrive que des
patients après avoir discutés avec nous se réactivent
à mettre plus régulièrement le contraignant collyre à garder au frais.
Pour la poursuite
de la prise d’Oropur™ quelques patients ayant fait le
test sont prêts à l’acheter en pharmacie.
D’autres sont
réticents à cause de son coût, manque de moyens pécuniaires.
Nous
réfléchissons ensemble actuellement aux moyens de fournir aux plus démunis, ce
supplément qui leur faciliterait la vie de tous les jours, les inciterait à
prendre régulièrement le traitement.