Histoire de la cystinose
Bien que les premiers cas de cystinose furent reportés en 1903 par Abderhalden, la compréhension clinique de la maladie ne remonte qu’au début des années 30 quand Fanconi, en Suisse, deToni, en Italie, et Debré en France ont chacun décrit des enfants présentant une glucosurie, protéinurie, et acidoses rénales ainsi qu’un rachitisme hypophosphatémique.
Cette maladie générale du tube rénal, appelée syndrome de deToni-Debré-Fanconi, ou plus simplement syndrome de Fanconi est caractéristique de la cystinose néphropathique.
Dans les années 40, Dent évalua l’étendue de la polyurie, de la glucosurie et la phosphaturie et nota une aminoacidurie généralisée bien que la concentrations d’acides aminées dans le plasma fut normale chez les patients affectés.
En 1952, Bickel et al. Décrivirent l’association entre le syndrome de Fanconi et une détérioration glomérulaire progressive chez un grand nombre de patients.
L’ère moderne d’investigation clinique sur la cystinose commence en 1967, quand l’analyse des acides aminées par chromatographie des échanges d’ions est devenue assez précise pour mesurer de minuscules quantités de cystine dans les échantillons de tissus de jeunes enfants. Cette technique révéla une concentration de cystine normale dans le plasma mais remarquablement élevée dans les leucocytes (globules blancs). Aujourd’hui, elle est l’un des moyens de diagnostic de la cystinose.
En 1995, le gène à l’origine de la maladie a été localisé sur le chromosome 17 puis, en 1998, l’équipe du Dr Corinne Antignac identifiait le gène appelé CTNS et caractérisait son produit, la cystinosine. La cystinosine est le transporteur spécifique de la cystine. Ce transporteur est situé dans la paroi du lysosome et permet habituellement à la cystine d’être évacuée de la cellule. On a ainsi compris qu’une cystinosine déficiente ne permettait plus la sortie normale de la cystine qui s’accumule donc.
Les études du gène CTNS chez des groupes de patients ont montré que la « malformation » la plus fréquemment retrouvée était une délétion (une portion du gène manque) mais qu’il existe d’autres types de mutations.