Qu’est-ce que la cystinose ?
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Qu’est ce que la cystinose ?
La cystinose est une maladie métabolique caractérisée par l’accumulation
anormale d’un acide aminée, la cystine, dans plusieurs organes tels que les
reins, les yeux, les muscles, le pancréas et le cerveau. Les différents organes
sont atteints à des âges différents.
Qu’est-ce que la cystine ?
La cystine est un acide aminée. Les acides aminées sont des substances
organiques qui, liés les uns aux autres, forment les protéines vitales. La
protéine doit être métabolisée ou divisée en plusieurs structures spécifiques
dans une partie du corps des cellules appelé lysosome. Les différents acides
aminées issus de la division de la protéine peuvent encore être utilisés mais
pour cela ils doivent être transportés hors des lysosomes.
Histoire de la cystinose
Bien que les premiers cas
de cystinose furent reportés en 1903 par Abderhalden, la compréhension clinique
de la maladie ne remonte qu’au début des années 30 quand Fanconi, en Suisse,
deToni, en Italie, et Debré en France ont chacun décrit des enfants présentant
une glucosurie, protéinurie, et acidoses rénales ainsi qu’un rachitisme
hypophosphatémique.
Cette maladie générale du
tube rénal, appelée syndrome de deToni-Debré-Fanconi, ou plus simplement
syndrome de Fanconi est caractéristique de la cystinose néphropathique.
Dans les années 40, Dent
évalua l’étendue de la polyurie, de la glucosurie et la phosphaturie et nota
une aminoacidurie généralisée bien que la concentrations d’acides aminées dans
le plasma fut normale chez les patients affectés.
En 1952, Bickel et al.
Décrivirent l’association entre le syndrome de Fanconi et une détérioration
glomérulaire progressive chez un grand nombre de patients.
L’ère moderne
d’investigation clinique sur la cystinose commence en 1967, quand l’analyse des
acides aminées par chromatographie des échanges d’ions est devenue assez
précise pour mesurer de minuscules quantités de cystine dans les échantillons
de tissus de jeunes enfants. Cette technique révéla une concentration de
cystine normale dans le plasma mais remarquablement élevée dans les leucocytes
(globules blancs). Aujourd’hui, elle est l’un des moyens de diagnostic de la
cystinose.
En 1995, le gène à
l’origine de la maladie a été localisé sur le chromosome 17 puis, en 1998,
l’équipe du Dr Corinne Antignac identifiait le gène appelé CTNS et
caractérisait son produit, la cystinosine. La cystinosine est le transporteur
spécifique de la cystine. Ce transporteur est situé dans la paroi du lysosome
et permet habituellement à la cystine d’être évacuée de la cellule. On a ainsi
compris qu’une cystinosine déficiente ne permettait plus la sortie normale de
la cystine qui s’accumule donc.
Les études du gène CTNS
chez des groupes de patients ont montré que la « malformation » la
plus fréquemment retrouvée était une délétion (une portion du gène manque) mais
qu’il existe d’autres types de mutations.
Qu’est-ce qui cause la cystinose ?
La cystinose apparaît quand le système de transport ne réussit pas à
évacuer la cystine et la laisse s’accumuler dans les lysosomes. La cystine
accumulée forme des cristaux qui empêchent les cellules de fonctionner
normalement. Le taux de cystine dans les cellules dîtes
« cystinotiques » est en moyenne 50 à 100 fois supérieur aux valeurs
normales.
Comment mon enfant a-t-il été affecté ?
La cystinose est une maladie génétique récessive. Cela signifie qu’elle
n’est pas due à un évènement survenu au cours de la grossesse, ce n’est pas non
plus une maladie infectieuse ou contagieuse. Les maladies génétiques sont
héréditaires et la façon dont elle est transmise est décrite plus bas.
Si le gène défectueux est « hérité » des deux parents, il est
décrit comme autosomal récessif. Chaque individu porte plus de 30 000
gènes, parmi lesquels on estime qu’environ 7 sont porteurs d’anomalies. Si par
accident/hasard, vous et votre conjoint êtes porteur du même gène défectueux
(dans le cas qui nous intéresse celui de la cystinose), à chaque grossesse il
existe une chance sur quatre pour que votre bébé naisse avec la cystinose. Le
risque d’être atteints est le même pour les filles que pour les garçons.
La fréquence de cette maladie est très faible :
1 pour 160 000 naissances.
Elle touche autant les filles que les garçons et ne se transmet pas d’une
génération à l’autre.
On estime que 2 000 personnes sont atteintes de cystinose (toutes
formes confondues) à travers le monde, mais le nombre exact est difficile à
obtenir étant donné que cette maladie est encore trop souvent non ou mal
diagnostiquée.
Comment cela arrive-t-il ?
Ce schéma vous montre comment cela se passe.
C = gène normal non porteur
de la cystinose
c = gène
récessif atteint de cystinose
Cc = enfant porteur sain (mais non atteint)
CC = enfant sain non porteur
cc = enfant malade
cC = enfant porteur sain (non atteint)
Il existe donc :
1 chance sur 4 pour que l’enfant soit atteint de
cystinose (cc)
2 chances sur 4 pour que l’enfant soit porteur mais non
malade (Cc)
1 chance sur 4 pour que l’enfant ne soit ni malade ni
porteur (CC)
Lors de la conception d’un enfant, il est impossible de prédire quel
spermatozoïde et quel ovule s’uniront pour faire le bébé. A la conception, un
ovule de la mère et un spermatozoïde du père s’unissent pour se développer en
un fœtus. C’est à l’intérieur du noyau de chaque cellule de l’ovule et du
spermatozoïde que l’information contenue dans l’ADN est stockée sur des
bâtonnets appelés chromosomes. C’est cette information qui est responsable de
la détermination de la couleur des yeux, des cheveux etc. et qui porte aussi le
défaut (qui peut concernée n’importe quelle information) qui conduit à une
maladie génétique.
Quels sont les symptômes ?
Il existe 3 formes de cystinose : la cystinose néphropathique
infantile, la cystinose juvénile et la cystinose bénigne oculaire.
La cystinose infantile :
Les enfants atteints de cystinose néphropathique infantile paraissent
généralement en bonne santé à la naissance et pendant les 6 à 8 premiers mois
de vie. Comme se développe un défaut des tubules rénaux proximaux à réabsorber le sodium et l’eau, conduisant
à une polyurie et une polydipsie, les enfants atteints sont très vulnérables
aux déshydratations. Cela, plus un défaut de transpiration, conduit souvent à
des fréquentes poussées de fièvre qui constituent un des symptômes. Avant l’âge
d’un an, les enfants montrent un retard de croissance, du rachitisme, une
acidose métabolique, ainsi que d’autres preuves chimiques révélatrices
d’anomalies des tubules rénaux telles que l’augmentation de la sécrétion de
glucose, d’acides aminées, de phosphate et de potassium par les reins dans
l’urine.
Elle est habituellement diagnostiquée entre 6 et 18 mois grâce aux
symptômes suivants :
- une soif et une quantité
d’urine excessives,
- une incapacité à avaler ou
garder la nourriture,
- un rachitisme,
- des épisodes de
déshydratation fréquents.
Ces symptômes sont causés par une maladie appelée tubulopathie rénale ou
syndrome de Fanconi. En conséquence, des nutriments et des minéraux importants
sont perdus dans les urines. Les enfants atteints de cystinose ont aussi des
cristaux de cystine sur la cornée (apparition vers 1 an) qui conduisent
généralement à la photophobie (très forte sensibilité à la lumière). Ils ont
également un taux de cystine très élevé dans les globules blancs sans effet
mais qui permet de confirmer un diagnostic. Sans traitement spécifique, ils
développent une insuffisance rénale au stade terminal, c’est-à-dire qu’ils
perdent leur fonction rénale, généralement entre 9 et 12 ans. En cas de
transplantation, le nouveau rein n’est pas affecté par la cystinose dans l’âge
adulte. Cependant, sans traitement à la cystéamine (voir section sur le
traitement spécifique), ils peuvent développer des complications sur d’autres organes
dues à la constante accumulation de cystine.
Ces complications peuvent comprendre : la perte musculaire, des
difficultés à avaler, le diabète et de l’hyperthyroïdie. Les patients plus âgés
ne développent pourtant pas tous chacune de ces complications.
La cystinose juvénile :
La cystinose infantile et la cystinose juvénile ne diffèrent que dans l’âge
d’apparition des premiers symptômes et dans la rapidité de l’évolution
clinique.
L’âge d’apparition varie entre 2 et 26 ans. Quand plus d’un membre d’une
même fratrie est atteint de cette maladie, l’âge d’apparition des symptômes est
similaire. Le plus souvent cela arrive vers l’âge de 12 ou 13 ans. Les
personnes atteintes de cette forme de cystinose montrent des dépôts de cristaux
sur la cornée et la conjonctive et présentent des cristaux dans la moelle
osseuse. Le plus souvent, elles ne développent pas complètement le syndrome de
Fanconi mais le développement de l’insuffisance rénale conduit à la nécessité
d’une transplantation rénale, tout comme dans la forme infantile ; elles
arrivent à ce stade de l’insuffisance rénale quelques années après le
diagnostic.
La cystinose oculaire bénigne :
D’autres personnes développent cette forme de cystinose (anciennement
appelée cystinose de l’adulte) qui est souvent diagnostiquée par hasard
lorsque, lors d’une visite, l’ophtalmologue décèle une opacité de cristaux sur
la cornée et la conjonctive. Ces personnes souffrent de photophobie similaire à
celle observée chez les personnes atteintes de cystinose néphropathique mais
qui ne se déclare que vers la trentaine et n’est généralement pas aussi
handicapante. Etant donné que les seules personnes qui ont été diagnostiquées
avec cette maladie sont celles qui ont subi des tests à la lampe à fente, il
est possible que la plupart des personnes atteintes n’aient aucun symptôme et
qu’ils ne soient jamais diagnostiqués. Les personnes atteintes de cystinose
bénigne ont des dépôts de cristaux dans la moelle osseuse et dans les
leucocytes mais ne développent aucune dysfonction rénale ni rétinopathie.
Quel est le traitement contre la cystinose ?
Des séjours à l’hôpital sont souvent nécessaires au début du traitement
pour pouvoir doser correctement les différents médicaments. Ensuite, les
séjours à l’hôpital sont rarement nécessaires. Le suivi est assuré par les
visites en hôpital de jour, d’abord tous les 1 ou 2 mois puis 3 à 4 fois par
an. Nos enfants devraient vivre une vie normale, en dehors de la prise de
médicaments plusieurs fois par jours qui est la condition sine qua non.
Le
traitement symptomatique
Les reins des enfants atteints de cystinose sont incapables de
« concentrer » l’urine, ce qui entraîne la perte d’une quantité
importante de sodium, de potassium, de phosphore, de bicarbonate et de substances
telles que la carnitine par l’urine.
Tous les enfants sont différents et peuvent présenter ou non ces symptômes.
Votre médecin adaptera le traitement symptomatique selon les besoins de votre
enfant.
Quand un enfant est trop jeune pour boire tout seul, il
doit recevoir à boire toutes les heures durant la journée et toute les 2 ou 3
heures la nuit.
Dès l’âge de 8 à 10 mois, ils commencent à boire seuls,
même la nuit. Assurez-vous simplement qu’ils ont toujours une bouteille d’eau à
portée de main, ou, à l’école une gourde qu’un adulte remplira régulièrement.
L’enfant doit être laissé libre de boire quand il en ressent le besoin et
autant qu’il en a besoin.
Etant donné la perte de sel dans les urines,
l’alimentation doit être normalement salée. Souvent il est nécessaire d’ajouter
un supplément de sel sous forme de chlorure de sodium.
Les enfants perdent également du bicarbonate et du
potassium, ce qui peut être compensé par l’apport de bicarbonate de sodium ou
de bicarbonate de potassium. Si l’enfant perd peut de bicarbonate mais beaucoup
de sodium et de potassium, un supplément sous forme de chlorure de sodium ou de
chlorure de potassium devrait être apporté.
Pour les enfants de moins de 4 ou 5 ans, les gélules
doivent être ouvertes et leur contenu mélangé à de l’eau ou autre boisson. Les
enfants plus âgés peuvent avaler plus facilement les gélules.
Ces suppléments sont divisés en 3 ou 4 prises
quotidiennes. Mais la majorité des enfants ont besoin de prendre au moins 10 à
15 gélules par jour, parfois plus. Si l’enfant est insuffisant rénal, la perte
d’électrolytes dans les urines est réduite et les doses de suppléments seront
adaptés selon le cas par le médecin.
Le traitement par indométacine est généralement suivi sur
plusieurs années.
Ce médicament peut avoir certains effets secondaires
surtout sur le fonctionnement gastro-intestinal et plus rarement sur la fonction
rénale.
Ces traitements sont devenus rarement nécessaires pour
les enfants traités par cystéamine car ce traitement protège le pancréas et la
thyroïde.
Le
traitement spécifique
Le but du traitement spécifique contre la cystinose est de réduire
l’accumulation de cystine dans les cellules. Cet objectif est atteint grâce au
traitement à la cystéamine dont l’efficacité a été prouvé en retardant
largement ou même en stoppant l’insuffisance rénale. La cystéamine améliore
également la croissance des enfants atteints de cystinose. Votre médecin vous
indiquera comment vous procurer ce médicament qui n’est pas encore distribué en
pharmacie de ville.
La particularité de ce traitement est de n’être actif que durant une courte
durée ne dépassant pas les 5 ou 6 heures et c’est pour cela que les gélules de
Cystagon™ doivent être administrées 4 fois par jour à intervalle régulier, soit
toutes les 6 heures. Ce traitement n’est également efficace que s’il est pris
continuellement, jour après jour, indéfiniment afin de contrôler la maladie.
Il est important de vérifier régulièrement l’efficacité de la dose prise en
analysant le taux de cystine intra-leucocytaire afin d’ajuster le dosage et de
s’assurer de la bonne observance du traitement.
Malheureusement la cystéamine peut avoir certains effets secondaires. Des
symptômes gastro-intestinaux comme des nausées, vomissements, douleurs
abdominales etc., sont souvent observés mais il semble possible de contrer ces
effets avec de l’oméprazole (Mopral™).
L’haleine est un réel problème, particulièrement chez les adolescents, qui
peut être diminué de plusieurs manières.
La transplantation rénale reste très fréquente chez les patients atteints
de cystinose et le traitement à la cystéamine
doit être poursuivi même après la transplantation pour prévenir
certaines complications tardives de la maladie.
Pour les jeunes comme pour les patients plus âgés ayant reçu une greffe de
rein, les collyres de cystéamine sont disponibles pour dissoudre les cristaux
de cystine sur la cornée. Les gouttes doivent être appliquées régulièrement,
jour après jour, indéfiniment afin de supprimer l’accumulation de cristaux sur
la cornée (et autres dommages sur l’œil) et, dans le cas d’une clarté complète,
de prévenir le retour des cristaux et d’autres problèmes. Votre médecin vous
indiquera comment les obtenir.
L’observance du traitement
L’observance est difficile pour les enfants atteints de cystinose étant
donné qu’ils doivent prendre beaucoup de médicaments, parmi les lesquels la
cystéamine qui doit être prise toutes les 6 heures.
Mais il a été démontré qu’avec un traitement bien pris l’enfant se porte
bien et l’insuffisance rénale est largement retardée alors qu’un traitement
insuffisant mène à plusieurs complications dans l’enfance et à l’âge adulte. De
plus, si l’enfant a reçu une greffe de rein, le traitement immuno-suppresseur
ou anti-rejet doit être pris sans faute ainsi que la cystéamine.
L’enfant ou l’adolescent est parfois tenté de ne pas prendre la cystéamine.
L’expression de « bonne observance » décrit le fait que la
prescription médicale est respectée, que ce soit un traitement médicamenteux
pris aux bonnes doses et aux bons horaires, ou un régime alimentaire ou le
respect des rendez-vous prévu avec le médecin.
Une « mauvaise
observance », au contraire, signifie des prescriptions médicales non
respectées : un traitement qui n’est pas pris régulièrement, un régime
souvent enfreint, des rendez-vous chez le médecin indéfiniment repoussés.
Les enfants atteints de cystinose peuvent avoir des périodes de
« mauvaise observance » comme dans toute maladie chronique. Cela
reste exceptionnel chez les jeunes enfants qui acceptent étonnamment facilement
de prendre tous leurs médicaments. Les difficultés de l’observance sont plus
fréquentes à l’adolescence.
Comment les problèmes d’observance peuvent-ils être prévenus ?
Comment
rétablir un régime normal après une période durant laquelle les médicaments
n’ont pas été pris régulièrement ?
L’information donnée aux parents quand l’enfant est encore petit est
essentielle : information sur la maladie et ses conséquences, le rôle de
chaque médicament, les complications encourues si le médicament n’est pas bien
pris. Lorsqu’il est petit, il est de la responsabilité des parents de s’assurer
que l’enfant prend ses médicaments. Beaucoup de courage, de disponibilité et de
volonté sont nécessaires. Pour la prise des médicaments, le jeune enfant a
besoin de ressentir l’autorité des parents et qu’il n’a pas d’autre choix que
de prendre son traitement. Les parents peuvent parfois être tenté de relâcher
un peu leur attention mais cela ne doit pas arriver.
Le plus d’informations possibles devrait être fournies aux parents,
d’autant plus que de nombreuses avancées concernant la cystinose ont eu lieu au
cours des dernières années et qu’il y en aura beaucoup d’autres. Il a été
prouvé qu’un traitement adapté retarde les conséquences de la maladie. Des
complications observées il y a 20 ans (sur la thyroïde, le pancréas et le foie)
ne sont plus vus aujourd’hui grâce au traitement à la cystéamine. On pense
également que les complications musculaires et neurologiques (tardives) peuvent
être retardées par le traitement.
Il est aussi indispensable d’aider les parents et l’enfant pour des raisons
qui peuvent sembler secondaires mais qui sont en réalité vitales. Il n’est pas
si facile d’avaler le matin, au déjeuner et le soir une douzaine de
médicaments.
Voici quelques petits trucs qui peuvent aider à une bonne observance :
Problèmes particuliers à l’adolescence
A l’adolescence, les parents et l’équipe pédiatrique peuvent
progressivement relâcher leur protection et aider l’enfant à se prendre en
charge lui-même. Les principes suivants sont utiles :
> L’adolescent doit être considéré comme un partenaire
actif : avec le droit de discuter, de négocier, d’argumenter et aussi le
droit à l’erreur.
> Une information sur la maladie, le rôle de chaque
médicament, les résultats escomptés et les éventuels effets secondaires doit
lui être apportée.
> Ne jamais utiliser les menace ou la peur induite,
qui augmenterait son anxiété.
> Les doutes sur la bonne observance du traitement
sont levés par la surveillance systématique du taux de cystine
intra-leucocytaire. Il est important de n’utiliser ces résultats uniquement
qu’après avoir parlé calmement avec l’adolescent.
> Ne pas blâmer l’adolescent qui n’observe pas
correctement son traitement mais l’écouter. Un adolescent qui ne prend pas son
traitement est un adolescent qui a besoin d’être aidé de toutes les façons
possibles.
Malgré toute la volonté des parents, du médecin et de l’équipe de santé, de
réelles difficultés peuvent apparaître. C’est comme si l’adolescent, bien que
bien informé, n’avait pas le courage de se prendre en charge. Des périodes de
complète opposition aux parents et au médecin commencent et la communication
devient difficile. Tout le monde se sent coupable, dépassé par les événements.
Ces problèmes d’observance ne sont jamais un simple manque d’information sur la
maladie ou le traitement mais peuvent être l’expression de l’adolescence dans
laquelle des périodes de rébellion se traduisent par une mauvaise observance.
D’autres adolescents sans cystinose trouvent d’autres moyens parfois tout aussi
dangereux pour s’exprimer.
Ces périodes difficiles interviennent dans un climat de profonde insécurité
mêlée d’angoisse, de sentiment d’injustice, de révolte, de refus, de
culpabilité, d’isolement, de préoccupation liée à l’image de son corps, à la
sexualité, de dépression. L’aide d’un psychologue ou d’un psychiatre peut alors
être nécessaire pour trouver la véritable cause de la mauvaise observance et
pour aider l’enfant et sa famille à traverser cette période difficile. Ces
problèmes n’arrivent jamais par la « faute » des parents ou de
l’enfant et il est important qu’ils ne sentent pas coupables. Ce genre de
situation n’est jamais désespéré tant que l’enfant et la famille acceptent
d’être aidés.
Dans la pratique, l’enfant, sa famille, son entourage à l’école et l’équipe
médicale avancent ensemble. Tous doivent coopérer. Il y a bien sur des hauts et
des bas mais la plupart du temps l’enfant devient, comme les autres, malgré la
maladie, un jeune homme ou une jeune femme tournée vers le futur, c’est-à-dire
un adulte avec sa propre vie en main.
Une détection prénatale est-elle possible ?
Chaque fois qu’un couple porteur de l’anomalie génétique décide d’avoir un
enfant, il y a 1 chance sur 4 pour que l’enfant hérite de cette anomalie et naisse
avec la cystinose (voir section Comment mon enfant a-t-il été affecté ?).
Un diagnostic prénatal est possible pour les familles qui savent qu’elles ont
un risque de donner naissance à un enfant malade. Un échantillon de villosités
choriales est prélevé à 4 ou 5 mois de grossesse ; l’amniocentèse peut
être effectuée à 14 ou 16 semaines de grossesse. Il est important de discuter
profondément le sujet avec un spécialiste qui pourra vous conseiller selon
votre cas.
Quels sont les développements possibles ?
Il reste encore beaucoup à apprendre sur la cystinose. Des chercheurs ont
identifié le gène et les mutations qui causent cette maladie. Un modèle de
souris porteur de la maladie a été
créé. D’autres chercheurs essaient de comprendre le mécanisme de la dysfonction
des cellules, d’autres cherchent des pro-médicaments pour améliorer le principe
de la cystéamine en supprimant les effets secondaires des rejets soufrés par
l’haleine et les problèmes gastro-intestinaux.